15.12.2008
22 Mars 1457
Les derniers jours ont été assez ennuyeux. Nous avons dû interrompre nos observations du fait de la sottise de Gédéon ; suivant le conseil d’Anicet, nous nous sommes faits discrets et nous approchons chaque jour un peu du point où nous supposons que se trouvent les habitations des sauvages – si toutefois ils en construisent. Il nous est interdit de crier ou de faire du raffut ; nous passons donc nos journées le plus calmement possible, ce qui en vérité excite ma nervosité. Nous nous nourrissons presque exclusivement de poisson, et de plus il pleut pratiquement tous les jours. La seule parade que nous avons trouvée contre ce climat désespérant a été de construire une sorte de cabane improvisée à l’aide de rochers et de branches. Seulement, elle est trop exigüe pour nous six, à moins que nous n’ayons le goût de nous marcher dessus et de nous empester mutuellement ; si bien que nous y dormons par roulement, et le reste du temps nous pêchons ou errons sans but et sans trop nous éloigner.
Je pense qu’il sera possible d’établir ici une colonie tout à fait vivable. Ces rivages humides me rappellent ceux du Nord de la France où Père me conduisit une fois dans mon enfance. J’ignore s’il y a de l’or ou quelque ressource précieuse qui puisse intéresser le royaume ; mais, avec un peu d’habileté, nous pourrions peut-être interroger ces sauvages et les amener à nous y conduire.
- Capitaine, Jacques et moi avons pensé qu’il était peut-être temps de faire une incursion chez les sauvages. Depuis le temps que nous sommes sur cette plage, ils ont certainement remarqué notre présence ; l’absence de manifestation laisse supposer qu’ils ont envers nous des intentions pacifiques.
- Jacques et vous avez pensé ?
- C’est ce que j’ai dit.
- Et qui vous autorise à penser et à décider de telles opérations ? Il me semble que je suis toujours votre capitaine.
- Bien sûr, capitaine ; il s’agissait d’une simple proposition. Nous n’aurions jamais osé agir sans votre consentement.
- A quelle heure pensiez-vous faire cette incursion ?
- Vers six heures, par exemple ; au lever du soleil.
- Eh bien ! Dans ce cas nous irons à midi.
12:51 Publié dans Texte | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note












Commentaires
Grrr, je hais les gens qui usent et abusent ainsi de leur autorité! (non non, je ne fais pas du tout allusion à quelqu'un auprès duquel j'ai dû m'excuser récemment!)
Ecrit par : joe | 15.12.2008
mon dieu, dis pas ça, je vais finir par imaginer le capitaine sous les traits d'un certain d. G.
Ecrit par : Répondeur | 15.12.2008
Docteur G ?
Ecrit par : Francis | 15.12.2008
Eh, et si jamais le "comte" va sur ton blog et lit les commentaires?! Il en serait presque capable, vu qu'il sait carrément envoyer des mails! Il risque de se reconnaître, et qui c'est qui se (re)prendrait une bonne punition (mentale ou physique, peu importe!), c'est moi! Aaaaah!
PS: "Docteur G"...ce serait un spécialiste du point G?
Ecrit par : joe | 16.12.2008
J'y ai pensé! ça risque pas, il déteste les blogs. D'ailleurs, après tout le mal qu'il en a dit, s'il venait quand même, il pourrait pas l'avouer.
(le docteur G est quelqu'un de très (peu) recommandable, en effet)
Ecrit par : Répondeur | 16.12.2008
Pfff, les private jokes en commentaire, c'est nul !
Ecrit par : Francis | 16.12.2008
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