13.12.2008
4 Mars 1457
Nous avons confectionné un nouveau drapeau trois fois plus grand que le précédent ; tout le monde s’est battu pour y participer. Incapable de mettre le holà à cet enthousiasme effréné, il m’a fallu accepter avec sagesse et découragement un drapeau où nos fières couleurs sont entachés de touches bleues, brunes, noires ou grises. En somme nous avons un drapeau mais c’est celui de rien du tout, et voilà tout le monde nu ou presque. Je me suis gardé d’imiter leur exemple, tant par respect pour mon grade de capitaine qu’en raison de la froidure qui perdure en cette fin de saison.
Nous avons installé le camp près du lieu où des traces ont été découvertes pour la première fois et avons passé les jours suivants à en chercher d’autres. Il semble effectivement que ce soit un lieu fréquenté. J’ai consigné méthodiquement la forme, la taille et l’aspect général des traces relevées et je peux en conclure que rôdent dans les parages au moins quatre ou cinq individus de la même espèce, dont au moins un homme adulte. Anicet, qui était chasseur dans sa prime jeunesse et qui sait traquer le gibier, a découvert que les traces indiquaient des mouvements réguliers. Il espère pouvoir observer les créatures sur le fait, demain, au petit jour.
En attendant, je ne suis pas très tranquille à l’idée de passer une nouvelle nuit si près de ces sauvages.
- Je m’ennuie.
- Soyez patient, Capitaine. La chasse est un art qui demande du calme et de la persévérance.
- Tout de même, il ne se passe absolument rien.
- Parlez un peu moins fort et restez à couvert. J’ai l’intuition que nos sauvages ne vont plus tarder.
- Qui vous dit qu’ils reviendront ce matin plutôt qu’une autre fois ou bien jamais ?
- Les bêtes ont leurs habitudes.
- Les bêtes à chaussures n’en ont peut-être point.
- Chut ! Attendez…
- Oh !
- Taisez-vous.
- Mais… c’est bien une femme.
- Cela y ressemble.
- Que fait-elle ?
- Je crois qu’elle ramasse du petit bois.
- Comme nous le faisons parfois nous-mêmes : c’est touchant. Croyez-vous que son espèce maîtrise le feu ?
- C’est peut-être pour confectionner un barrage à la manière des castors.
- Elle s’en va !
- Eh oui.
- Suivons-la.
- C’est peut-être imprudent ; rien n’indique qu’elle soit seule.
12:49 Publié dans Texte | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note












Commentaires
Haaaa il va y avoir du sexe !
Ecrit par : Francis | 14.12.2008
Pas dit.
Ecrit par : Répondeur | 14.12.2008
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