12.12.2008

25 Février 1457

Notre joyeuse troupe avance à bonne allure. Je ne parle là que de la distance parcourue, car notre apparence, elle, est des plus décadentes. Armand a les fesses à l’air ; pendant quelques jours la pudeur l’a fait avancer à petits pas, mais il semble à présent tout à fait à l’aise et paraît même servir d’exemple. Nous nous sommes débarrassés de nos souliers par trop incommodes. En dehors de Thomas, qui est encore bien jeune, et d’Anicet, qui m’a l’air tout à fait imberbe, nous disparaissons sous des masses pileuses de différents coloris. Jacques, qui est un grand gaillard de six pieds de haut, a tenté une baignade et en est ressorti par petits sauts effarouchés, abandonnant au passage un de ses bas qui avait subi l’assaut d’une espèce exotique de crabe. Il se révéla fort gouteux.

- Regardez ! Venez tous !
- Quoi ?
- Là !
- Dieu !
- Des traces de pas !
- Ecartez-vous, allons, laissez-moi examiner la chose. Ce sera de nouveau quelque étrange animal…
- C’est très nettement une trace humaine. Voyez, la taille, la forme, la démarche.
- Ce qui est étonnant…
- N’est-ce pas ?
- Il semble que le pied qui se posa ici était chaussé.
- Nous aurions affaire à une race d’hommes civilisés !
- Prudence dans les termes, Anicet. Ça n’est pas la chaussure qui fait la culture.
- Il s’agit en tout cas d’un pied assez petit. Il fait deux pouces de moins que le mien.
- Un enfant ? Ou une femme, peut-être.
- Ah ! Prions pour une femme. Voilà des mois que nous n’en avons point rencontré.
- Gédéon ! Vous ne songez tout de même pas, j’espère, à vous accoupler à une… une sauvage sortie d’on ne sait où.
- Si elle est belle, pourquoi pas ?
- Mais c’est contraire aux lois de la nature. Imaginez donc qu’elle donne ensuite naissance à un être mi-homme, mi… on ne sait quoi.
- Ah, pour cela, nous sommes tranquilles. Si elle n’est pas de notre race, l’union sera probablement stérile.
- Il s’est vu des exemples qui vous contredisent. On dit qu’un blanc peut engrosser une négresse.
- Ou un cheval une ânesse.
- Ah non ! je regrette. J’ai ouï dire que les mulâtres étaient stériles.
- Les mules également ; cela n’empêchent qu’elles existent.
- Quoi qu’il en soit, il vous faut préserver la race chrétienne et ne pas disperser la semence aux quatre vents.

Commentaires

"Thomas, qui est encore bien jeune, et Anicet, qui m’a l’air tout à fait imberbe", hmm, ma foi, je ne sais lequel des deux choisir! Ils ont l'air intéressants tous les deux! Une p'tite triplette avec Thomas et Anicet, wouuaaaaiiis, trop bien! Eh, cette fois tu les fais pas mourir, mes nouveaux personnages favoris!

Ecrit par : joe | 14.12.2008

je ne contrôle plus rien dans tout ça.

Ecrit par : Répondeur | 15.12.2008

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