22.05.2009

Hips

Chers petits amis, un court et ponctuel sursaut pour vous dire trois choses :

 

1/ Non, je ne suis pas morte, et je n'ai pas non plus renoncé à toute espèce de production. ça va plutôt bien, merci, et j'utilise le temps non passé à faire ce blog pour travailler à des livres, d'ailleurs vous allez voir ce que vous allez voir (un jour).

2/ Faire un blog, c'est chiant. Je suis nulle en html, gna gna gna, il faut scanner, tout ça, c'est pour ça que je sais pas si je reprendrai celui ci un jour, ou si je posterai ailleurs, ou pas du tout, ect. 

3 / Voici quelques Tulipe.

Désolée pour ceux qui sont tombés sur les vieux Tulipe que j'avais mis par erreur, voilà c'est réparé.

16.12.2008

23 Mars 1457

C’est la main tremblante que j’écris ces lignes, en proie à la dernière excitation. Je suis désormais convaincu que nous venons de faire une découverte monumentale, et je suis forcé d’admettre que Bienvenu, tout traître qu’il soit, avait probablement raison en imaginant que nous avions redécouvert l’Atlantide.

Comment expliquer autrement ce que nous avons vu aujourd’hui ? A midi, comme prévu par moi, nous nous sommes aventurés en nombre vers la zone boisée d’où avaient émergé les spécimens de sauvages les jours précédents. Nous avons marché peut-être dix minutes, quand, au détour d’un petit bois, nous sommes restés interdits, stupéfaits par le spectacle extraordinaire qui s’offrait à nous.

Il ne s’agissait pas, comme je l’avais d’abord pensé, d’un simple rassemblement de cabanes sommaires ni d’habitations troglodytes comme en construisent parfois les êtres primitifs, mais d’un véritable village fortifié. A l’intérieur d’une enceinte de pierre taillée que fermait une porte de bois, je devinai plusieurs dizaines d’habitations de pierre et de chaume, séparées par des chemins. Voilà, à ce que me semble, le signe d’une civilisation presque aussi évoluée que la nôtre, et seuls des êtres aussi avancés et raffinés que ceux décrits par Platon auraient pu, à mon sens, réaliser des édifices de ce genre.

Mille idées se confondent dans mon esprit à l’heure où j’écris : les Atlantes ont-ils réellement été ensevelis sous les flots, et dans ce cas, une portion de l’île a-t-elle été préservée ? Ont-ils émigré sur une île voisine où ils auront essaimé ? Ou bien le récit du déluge n’est-il qu’affabulation ?

Nous sommes prestement repartis. La vision de ce village m’a fourni suffisamment d’émotions pour la journée. Nous devons revoir tous nos plans d’approche, puisque ces êtres sont bien supérieurs à tout ce qu’il était possible d’espérer – mais donc aussi bien plus dangereux.

- Monsieur, je vous en prie, venez vous abriter, vous tremblez comme une feuille.

- Ça n’est pas le froid, mon petit Thomas, c’est la fièvre.

- D’autant plus.

- Pas cette fièvre-là. Ne te rends-tu point compte ? Comment peux-tu encore te préoccuper de manger ou d’avoir chaud, alors que nous venons de devenir les plus grands explorateurs de notre temps, et peut-être de l’Histoire ?

- Eh bien, monsieur, la gloire posthume ne m’intéresse pas, et je prends soin de ma survie.

- Sans doute la petite gloire qui t’attend ne suffit-elle pas à enflammer tes viscères ; mais en tant que capitaine, la mienne sera plus grande que tu ne peux l’imaginer.

- En attendant, abritez-vous.

- Jamais.

- Je vous forcerai.

- Je veux rester sous la pluie à contempler le brouillard et nul ne m’en empêchera.

- Je vous tirerai par les pieds.

- Je résisterai bec et ongles.

- Eh bien ! Vous voilà au sec. On peut dire que vous n’êtes pas léger.

- Sortez-moi immédiatement de cette cabane nauséabonde.

- Buvez donc cette infusion chaude ; elle vous remettra d’aplomb.

- Songe que cette infusion même, que tu manipules de tes doigts gourds, a été préparée avec des herbes atlantes.

- Elles sont en tous points semblables aux nôtres.

- Voilà bien ce qu’il y a d’extraordinaire.

- Je ne vous suis pas.

- Ce poireau : on croirait l’avoir trouvé dans son jardin, eh bien il est Atlante. N’est-ce pas magnifique ?

 

 

*** Je pars à Strasbourg quelques jours... la suite bientôt!***

 

15.12.2008

22 Mars 1457

Les derniers jours ont été assez ennuyeux. Nous avons dû interrompre nos observations du fait de la sottise de Gédéon ; suivant le conseil d’Anicet, nous nous sommes faits discrets et nous approchons chaque jour un peu du point où nous supposons que se trouvent les habitations des sauvages – si toutefois ils en construisent. Il nous est interdit de crier ou de faire du raffut ; nous passons donc nos journées le plus calmement possible, ce qui en vérité excite ma nervosité. Nous nous nourrissons presque exclusivement de poisson, et de plus il pleut pratiquement tous les jours. La seule parade que nous avons trouvée contre ce climat désespérant a été de construire une sorte de cabane improvisée à l’aide de rochers et de branches. Seulement, elle est trop exigüe pour nous six, à moins que nous n’ayons le goût de nous marcher dessus et de nous empester mutuellement ; si bien que nous y dormons par roulement, et le reste du temps nous pêchons ou errons sans but et sans trop nous éloigner.

Je pense qu’il sera possible d’établir ici une colonie tout à fait vivable. Ces rivages humides me rappellent ceux du Nord de la France où Père me conduisit une fois dans mon enfance. J’ignore s’il y a de l’or ou quelque ressource précieuse qui puisse intéresser le royaume ; mais, avec un peu d’habileté, nous pourrions peut-être interroger ces sauvages et les amener à nous y conduire.

- Capitaine, Jacques et moi avons pensé qu’il était peut-être temps de faire une incursion chez les sauvages. Depuis le temps que nous sommes sur cette plage, ils ont certainement remarqué notre présence ; l’absence de manifestation laisse supposer qu’ils ont envers nous des intentions pacifiques.

- Jacques et vous avez pensé ?

- C’est ce que j’ai dit.

- Et qui vous autorise à penser et à décider de telles opérations ? Il me semble que je suis toujours votre capitaine.

- Bien sûr, capitaine ; il s’agissait d’une simple proposition. Nous n’aurions jamais osé agir sans votre consentement.

- A quelle heure pensiez-vous faire cette incursion ?

- Vers six heures, par exemple ; au lever du soleil.

- Eh bien ! Dans ce cas nous irons à midi.